Des kiwis qui poussent Ă quelques kilomĂštres de Nantes ? Et quâon peut aller cueillir soi-mĂȘme, directement sur les arbres ? Oui, oui, et câest mĂȘme une sacrĂ©e belle dĂ©couverte !
Direction Saint-Julien-de-Concelles, au cĆur du vignoble nantais, oĂč jâai rencontrĂ© Gilbert Pineau, maraĂźcher et producteur de kiwis, qui ouvre les portes de son verger au public pendant les vacances dâoctobre.
Au programme : une balade sous les lianes, des fruits Ă rĂ©colter, une rencontre avec un producteur local et une foule de choses Ă apprendre sur ce fruit quâon connaĂźt finalement assez mal.
Et croyez-moi, le kiwi a plus dâune histoire Ă raconter ! ;-)
Un verger pas comme les autres, planté en 1981
Lâhistoire commence en 1981, lorsque Jean et Josette Meillerais plantent ce qui sera le premier verger de kiwis de Saint-Julien-de-Concelles.
Ă lâĂ©poque, ils choisissent une technique de culture aujourdâhui devenue rare : la pergola.
Imaginez de longues allĂ©es recouvertes dâun plafond vĂ©gĂ©tal, oĂč les branches des kiwis sâĂ©tendent horizontalement sur des fils tendus dans les deux sens. Les fruits pendent au-dessus de nos tĂȘtes, comme de petites lanternes vertes.
Et ce systĂšme, en plus dâĂȘtre particuliĂšrement joli, prĂ©sente plusieurs avantages.
1// Dâabord, les feuilles forment une couverture naturelle qui maintient le sol Ă lâombre et permet de limiter les besoins en eau.
2// Ensuite, les fruits sont bien visibles sous la végétation, ce qui facilite leur repérage lors de la récolte.
Mais cette mĂ©thode demande Ă©normĂ©ment de travail, notamment pendant la taille hivernale. Il faut retirer le vieux bois, dĂ©mĂȘler les branches et sĂ©lectionner celles qui porteront les fruits de lâannĂ©e suivante.
( Câest pourquoi la plupart des producteurs ont aujourdâhui adoptĂ© une autre technique, dite en T-bar, avec des branches arquĂ©es vers le bas.)
Dans ces vergers plus modernes, les fruits peuvent se trouver Ă seulement 30 Ă 50 centimĂštres du sol, ce qui facilite notamment leur cueillette par les enfants.
Ici, avec la pergola historique, les kiwis se récoltent plutÎt à 1,80 ou 2 mÚtres de hauteur.
Une architecture vĂ©gĂ©tale Ă©tonnante, qui donne presque lâimpression de se promener sous une tonnelle gĂ©ante. Et petit dĂ©tail que jâai adorĂ© : mĂȘme sous la pluie, ( parce que oui oui il sâest mis Ă pleuvoir qd nous en parlions ) on se retrouve naturellement abritĂ© par le feuillage !
Le kiwi, une liane qui a besoin dâamour⊠et de pollinisateurs !
Câest lâune des choses les plus Ă©tonnantes que Gilbert mâa apprises pendant notre visite : il existe des pieds de kiwis mĂąles et des pieds femelles.
Et seuls les pieds femelles produisent des fruits !
Les pieds mĂąles, eux, sont indispensables Ă la pollinisation. Ils produisent les fleurs dont le pollen sera transportĂ© jusquâaux fleurs femelles par les abeilles et les bourdons.
Dans son verger, Gilbert introduit des bourdons pour favoriser cette étape, en complément des abeilles qui viennent naturellement.
Tout se joue au moment de la floraison, généralement autour du 25 au 30 mai.
Si les conditions météorologiques sont favorables, les insectes sont actifs, la pollinisation fonctionne bien et les fruits peuvent se développer dans de bonnes conditions.
Gilbert mâexplique quâon compte gĂ©nĂ©ralement un pied mĂąle pour cinq pieds femelles, parfois six.
Un Ă©quilibre important, dâautant que les fleurs mĂąles sâouvrent lĂ©gĂšrement avant les fleurs femelles. Il faut donc suffisamment de fleurs mĂąles encore ouvertes au bon moment.
Autre dĂ©tail fascinant : les pieds mĂąles peuvent dĂ©passer les pieds femelles dâenviron 70 centimĂštres, leurs branches se dĂ©veloppant au-dessus de la vĂ©gĂ©tation.
Finalement, derriÚre chaque kiwi, il y a tout un petit écosystÚme qui travaille ensemble !
Pourquoi les kiwis se plaisent-ils dans le vignoble nantais ?
On associe souvent le kiwi à la Nouvelle-Zélande, beaucoup moins à la Loire-Atlantique. Et pourtant, ce fruit trouve ici des conditions qui lui conviennent.
Gilbert possĂšde deux vergers Ă Saint-Julien-de-Concelles et un autre dans une commune voisine.
Le secret ? Un sol qui laisse bien circuler lâeau.
Le kiwi apprĂ©cie les terres drainantes et supporte mal lâexcĂšs dâhumiditĂ© autour de ses racines.
Dans le verger historique, les pieds ont donc Ă©tĂ© plantĂ©s sur des buttes de terre. Entre les rangs, de petits creux permettent Ă lâeau de sâĂ©vacuer naturellement.
Une maniĂšre dâĂ©viter que les racines ne se retrouvent asphyxiĂ©es par une humiditĂ© excessive.
Et contrairement Ă ce quâon pourrait imaginer, les kiwis nâont pas besoin dâĂȘtre exposĂ©s en permanence au soleil.
Leurs feuilles jouent mĂȘme un double rĂŽle : elles permettent Ă la plante de produire lâĂ©nergie nĂ©cessaire Ă la croissance des fruits, tout en les protĂ©geant des rayons trop intenses.
Car oui, un kiwi peut aussi attraper un coup de soleil !
Lorsque les fruits restent trop longtemps exposés, ils peuvent brûler et devenir impropres à la commercialisation.
La nature a décidément pensé à beaucoup de choses.
Des kiwis cultivés sans traitement chimique
Câest aussi ce qui rend la rencontre avec Gilbert particuliĂšrement intĂ©ressante.
Historiquement maraĂźcher, il sâest tournĂ© vers la culture fruitiĂšre par passion.
Et le kiwi lâa sĂ©duit pour une raison bien prĂ©cise : câest une plante quâil peut cultiver sans avoir Ă rĂ©aliser de traitements contre les parasites.
Dans ses vergers, les kiwis ne reçoivent donc aucun traitement chimique.
Cela ne veut pas dire quâils poussent sans intervention humaine, bien au contraire !
Gilbert surveille leur dĂ©veloppement tout au long de la saison. Il pratique notamment lâĂ©claircissage, qui consiste Ă retirer les fruits en surnombre pour permettre Ă ceux qui restent de mieux grossir.
Il sâoccupe Ă©galement de lâirrigation et de lâentretien de la vĂ©gĂ©tation au sol.
Mais là aussi, les pratiques évoluent.
PlutĂŽt que de tondre systĂ©matiquement lâherbe, il privilĂ©gie dĂ©sormais une vĂ©gĂ©tation plus prĂ©sente, afin de prĂ©server davantage de fraĂźcheur au pied des plantes et de contribuer Ă la vie de lâĂ©cosystĂšme.
Une façon de travailler qui rappelle quâun verger est avant tout un milieu vivant.
Le kiwi se récolte en octobre⊠mais ne se mange pas tout de suite !
VoilĂ une information que je ne connaissais pas et que vous allez probablement adorer.
Un kiwi fraĂźchement cueilli nâest pas encore prĂȘt Ă ĂȘtre dĂ©gustĂ© !
Contrairement à de nombreux fruits, il poursuit sa maturation aprÚs la récolte.
Traditionnellement, les kiwis Ă©taient rĂ©coltĂ©s autour du 20 au 23 octobre. Mais Gilbert constate que, depuis une quinzaine dâannĂ©es, les dates ont avancĂ© dâenviron une semaine, avec des rĂ©coltes qui commencent dĂ©sormais plutĂŽt entre le 15 et le 20 octobre.
Un changement quâil relie Ă lâĂ©volution du climat.
Une fois cueillis, les fruits doivent ĂȘtre stockĂ©s au frais pendant environ un mois.
Et câest ensuite quâintervient une petite astuce absolument gĂ©nialeâŠ
Lâastuce de Gilbert pour faire mĂ»rir ses kiwis avec une pomme đ
Vous avez déjà acheté des kiwis qui restent durs pendant des semaines ?
Gilbert mâa partagĂ© sa technique pour les faire mĂ»rir au bon moment, sans devoir tout consommer dâun coup.
Son secret : une pomme et un sac plastique !
AprÚs avoir laissé reposer les kiwis environ un mois dans un endroit frais, voici comment procéder :
Placez quatre ou cinq kiwis dans un sac plastique avec une pomme.
Fermez bien le sac.
Laissez les fruits ensemble pendant une dizaine de jours.
Sortez les kiwis lorsquâils ont atteint la maturitĂ© souhaitĂ©e.
Pourquoi ça marche ?
Parce que la pomme dĂ©gage naturellement de lâĂ©thylĂšne, un gaz qui accĂ©lĂšre le mĂ»rissement des fruits.
Dans un sac fermé, cet éthylÚne se concentre et permet aux kiwis de mûrir plus rapidement.
RĂ©sultat : alors quâils pourraient naturellement nâĂȘtre prĂȘts quâau dĂ©but du mois de janvier, cette mĂ©thode permet de commencer Ă les dĂ©guster dĂšs la fin novembre.
LâidĂ©al est dâorganiser une petite rotation : quelques kiwis en train de mĂ»rir avec une pomme, dâautres prĂȘts Ă ĂȘtre dĂ©gustĂ©s, et le reste tranquillement stockĂ© au frais.
à partir de janvier, la température ambiante de la cuisine peut suffire à faire mûrir les fruits. Et si besoin, on ressort la fameuse technique de la pomme !
Simple, pratique et plutĂŽt malin.
Des kiwis locaux jusquâau printemps ? Câest possible !
Câest probablement ce qui mâa le plus surprise pendant notre Ă©change.
Lorsquâils sont bien conservĂ©s, les kiwis peuvent se garder pendant plusieurs mois !
Gilbert explique que beaucoup de ses clients en dĂ©gustent encore jusquâĂ fin mars ou dĂ©but avril.
Certains parviennent mĂȘme Ă les conserver jusquâĂ fin avril ou mai.
Et il mâa racontĂ© lâhistoire dâune cliente qui avait rĂ©ussi Ă garder ses kiwis jusquâau⊠15 septembre !
Presque une année entiÚre entre deux récoltes !
Ăvidemment, tout dĂ©pend des conditions de stockage.
LâidĂ©al est une cave ou un sous-sol frais, avec une tempĂ©rature aussi constante que possible.
Car le véritable ennemi de la conservation, ce sont les variations de température.
Un garage dans lequel entrent et sortent des voitures, avec un moteur chaud, des appareils électroménagers et des changements fréquents de température, sera beaucoup moins adapté.
Dans ces conditions, les fruits risquent de se conserver nettement moins longtemps.
Mais avec un bon espace de stockage, on peut donc profiter de kiwis cultivĂ©s Ă quelques kilomĂštres de chez soi pendant une grande partie de lâhiver et mĂȘme du printemps.
Et ça, câest plutĂŽt une belle nouvelle !
Une cueillette insolite Ă vivre en famille pendant les vacances
Au-delĂ de toutes ces dĂ©couvertes, ce que jâaime particuliĂšrement dans cette initiative, câest quâelle nous invite Ă vivre quelque chose de simple.
Prendre le temps de se promener dans un verger, observer comment poussent les fruits, comprendre le travail dâun producteur, choisir ses kiwis et les cueillir soi-mĂȘme.
Une expérience à partager avec les enfants, les parents ou les grands-parents.
Et peut-ĂȘtre aussi une jolie occasion de leur montrer que les fruits ne poussent pas dans les rayons des supermarchĂ©s !
On repart avec ses kiwis, mais Ă©galement avec quelques connaissances supplĂ©mentaires, des astuces de conservation et un autre regard sur ce quâon mange.
Une sortie locale, originale et pleine de sens, exactement le genre de dĂ©couverte quâon aime partager chez INSPIRE.
Infos pratiques : la cueillette des kiwis đ„
đ OĂč ? Chez Gilbert Pineau, Ă Saint-Julien-de-Concelles, dans le vignoble nantais, prĂšs de Nantes.
đ Quand ? Du jeudi 15 au dimanche 25 octobre 2026 inclus.
đ Horaires : de 9h30 Ă 17h30, en continu, tous les jours, dimanches compris.
đż Le concept : une cueillette de kiwis directement dans le verger, chez un producteur local qui cultive ses fruits sans traitement chimique.
đšâđ©âđ§âđŠ Pour qui ? Une sortie Ă dĂ©couvrir en famille, entre amis ou simplement pour le plaisir de rencontrer un producteur passionnĂ©.
Attention : les fruits cueillis devront ĂȘtre conservĂ©s au frais avant de poursuivre leur maturation. Pensez Ă suivre les conseils de Gilbert pour en profiter pendant plusieurs mois !
Et si, cette annĂ©e, on profitait des vacances dâautomne pour aller chercher nos kiwis directement lĂ oĂč ils poussent ?








