Et si on changeait l’histoire qu’on se raconte sur soi ?
La thérapie narrative, ou comment retrouver le fil de qui l’on est vraiment
Article écrit en collaboration avec Emmanuelle Soumeur
Il y a une phrase qui revient souvent en séance, murmurée parfois avec soulagement, parfois avec une sorte d’étonnement :
“Je ne m’étais jamais raconté ça comme ça.”
C’est peut-être là l’essence de ce qu’on appelle la thérapie narrative. Une invitation à poser un regard différent sur les histoires que l’on porte, et à se demander, doucement, si elles nous appartiennent vraiment.
Nos vies sont faites d’histoires
Depuis les années 1980, deux thérapeutes australiens, Michael White et David Epston, ont développé une approche qui part d’un constat simple : nous ne vivons pas les événements bruts de nos vies, nous les interprétons. Et ces interprétations deviennent des récits, ces récits deviennent des identités.
“Je suis quelqu’un qui n’y arrive pas.”
“Je suis trop sensible.”
“Je ne mérite pas vraiment ce qui m’arrive de bien.”
Ces histoires là, à force d’être répétées, par nous-mêmes, par les autres, par des anecdotes qui nous collent à la peau, finissent par occuper toute la place. On appelle ça les récits dominants. Ils ne sont pas faux, mais ils sont partiels. Et c’est justement là que la thérapie narrative commence à travailler.
La personne n’est pas le problème
Une des idées les plus libératrices de cette approche tient en une phrase : “la personne n’est pas le problème, le problème est le problème.”
Concrètement, ça veut dire qu’on cesse de demander “qu’est-ce qui ne va pas chez moi ?” pour se demander plutôt : comment l’anxiété, ou la culpabilité, ou le doute s’invitent dans ma vie ? Dans quels moments prennent-ils trop de place ? Et quand est-ce que j’arrive, même discrètement, à leur résister ?
Ce mouvement, qu’on appelle l’externalisation, redonne une dignité précieuse. On n’est plus son problème. On est une personne, avec des ressources, des valeurs, une histoire bien plus riche que ce que le problème voudrait nous faire croire.
Ce qu’on cherche, c’est l’histoire préférée
Ce qui est beau dans la thérapie narrative, c’est qu’elle ne cherche pas à effacer le difficile. Elle pratique ce qu’on appelle la double écoute : entendre à la fois l’histoire de souffrance et, simultanément, les traces plus fines de résistance, de courage ou de créativité qui coexistent avec elle.
Ces petits moments presque oubliés. Un geste courageux discret. Une décision prise contre toute attente. Une façon d’aimer, de tenir, de créer, qui dit quelque chose de vrai sur qui on est, et que le récit dominant avait relégué au second plan.
À partir de ces moments d’exception, on commence à tisser ce qu’on appelle l’histoire préférée : pas une histoire idéalisée, mais une histoire plus juste, plus habitée, plus alignée avec ce qu’on veut vraiment incarner.
À qui s’adresse cet accompagnement ?
À toutes celles et ceux qui traversent une transition importante : séparation, changement professionnel, retraite, deuil, maternité, maladie et qui cherchent à retrouver du sens dans ce qu’ils traversent.
À celles et ceux qui ont le sentiment d’être réduit.e.s à une étiquette : “trop fragile”, “trop exigeante”, “celle qui n’y arrive pas” et qui voudraient recontacter une image d’eux-mêmes plus nuancée, plus vraie.
À celles et ceux aussi qui sentent que quelque chose dans leur histoire leur a été imposé, et qui ont envie, doucement, de prendre position à leur manière.
Les séances peuvent se faire en ligne ou en présentiel. Avec des mots, des cartes, des métaphores, des lettres. La créativité fait partie du soin.
Une posture, avant tout
Ce que j’aime profondément dans la thérapie narrative, c’est qu’elle repose sur une conviction que je partage entièrement : vous êtes l’experte de votre propre vie.
Mon rôle n’est pas de vous dire ce que signifie ce que vous traversez, ce que vous devriez faire ni de vous proposer une vérité sur vous-même. C’est d’être une partenaire de conversation curieuse, respectueuse, attentive aux nuances, qui vous aide à prendre de nouveaux chemins vers vous-mêmes. Souvent, notre histoire préférée est déjà là. Elle a juste besoin d’être nourrie pour grandir.
Emmanuelle Soumeur est thérapeute narrative et coach. Créatrice de MoodCard, un jeu pour explorer ses émotions, elle anime les ateliers “Nos émotions, nos alliées” au sein de la communauté Inspire Média. Elle accompagne en ligne et en présentiel à Saint-Herblain Est.
Prochain atelier : “Nos émotions, nos alliées” : jeudi 23 avril de 18h à 20h à l’hôtel Maison du Monde —»» S’inscrire gratuitement
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