« Je m’ennuie dans mon travail », « je n’ai plus vraiment envie », « j’aimerais changer mais je n’ai absolument aucune idée de ce que je pourrais faire » ou encore « j’ai l’impression d’avoir fait le tour »…
Ce sont des phrases que l’on entend de plus en plus souvent et qui peuvent arriver après cinq, dix ou vingt ans dans le même métier, mais aussi beaucoup plus tôt.
Et généralement, quand ça commence à tourner dans notre tête, on cherche assez vite une explication : je ne suis plus motivé, j’ai besoin de changement, ce métier n’est plus fait pour moi… avec parfois cette impression assez désagréable qu’il faudrait trouver rapidement LA réponse et savoir exactement ce que l’on veut faire de la suite.
Sauf que ce n’est pas toujours aussi simple.
Parce que ce que l’on appelle un « manque de motivation » peut en réalité cacher beaucoup d’autres choses : un manque de sens, de stimulation, de reconnaissance, de perspectives, d’autonomie… ou simplement le sentiment que l’endroit dans lequel on évolue depuis plusieurs années ne nous correspond plus vraiment.
Et avant de tout envoyer balader pour ouvrir une maison d’hôtes dans le Perche (oui, on connaît tous quelqu’un qui y a pensé 😅), ça vaut peut-être le coup de comprendre ce qui est réellement en train de se passer.
🛋️ S’ennuyer au travail… ce n’est pas forcément avoir « la belle vie »
Il y a encore cette drôle d’idée selon laquelle avoir un travail tranquille, sans trop de pression ni de difficultés, devrait forcément être une chance. Sur le papier, évidemment, ça peut faire rêver… sauf que passer ses journées sans être suffisamment stimulé peut aussi devenir très pesant.
Quand on ne se sent plus challengé, que les journées commencent à toutes se ressembler ou que l’on a la sensation de pouvoir faire son travail presque les yeux fermés, quelque chose peut progressivement s’éteindre. On repousse davantage les choses, on met deux heures à faire ce que l’on aurait fait en trente minutes quelques années auparavant, on regarde un peu plus souvent l’heure… et on finit parfois par fonctionner en pilote automatique sans même vraiment s’en rendre compte.
Et là encore, nous ne sommes pas tous égaux face à ça. Certaines personnes adorent la stabilité, les habitudes et le fait de parfaitement maîtriser leur poste, tandis que d’autres ont besoin d’apprendre, de découvrir, de lancer de nouveaux projets ou simplement d’avoir régulièrement quelque chose qui vient remettre un peu de mouvement dans leur quotidien.
Pour ces dernières, la routine n’est pas forcément reposante… elle peut même devenir sacrément fatigante à sa manière.
🤔 Alors… est-ce qu’il faut tout quitter ?
Pas forcément, et c’est justement là qu’il peut être intéressant de ne pas aller trop vite.
Quand on arrive au fameux « je n’en peux plus, il faut que je fasse autre chose », on peut facilement imaginer que la seule solution consiste à changer complètement de métier. Pourtant, avant d’en arriver là, il y a une question beaucoup plus simple à se poser : qu’est-ce qui ne me convient plus exactement ?
Parce qu’entre ne plus aimer son métier et ne plus aimer les conditions dans lesquelles on l’exerce, il y a quand même une sacrée différence.
Est-ce réellement le contenu de mon travail qui ne m’intéresse plus ? Est-ce l’entreprise ? Le management ? Le rythme ? Les horaires ? Le manque d’autonomie ? Le sentiment de ne plus apprendre ? Les valeurs de l’organisation qui ne correspondent plus aux miennes ? Est-ce que j’ai besoin de davantage de responsabilités… ou au contraire de retrouver un peu d’espace ?
Et puis il y a aussi une possibilité qu’on oublie parfois : est-ce que je suis simplement fatigué en ce moment ?
Parce qu’on ne prend évidemment pas les mêmes décisions lorsqu’on traverse une période compliquée depuis quelques semaines et lorsqu’on ressent le même décalage depuis trois ans.
Avant de chercher une solution, il faut donc parfois accepter de passer un peu de temps sur le problème… même si, soyons clairs, on préférerait souvent avoir directement la réponse.
🧭 Faire le point avant de décider de la suite
C’est aussi tout l’intérêt d’un bilan de compétences lorsqu’il est utilisé comme un véritable temps de réflexion et pas simplement comme une machine à trouver « le métier idéal ».
Parce que non, normalement, on ne ressort pas d’un bilan avec une révélation divine du type : « MAIS OUI, évidemment, je devais devenir architecte paysagiste depuis toujours ! »
L’intérêt est ailleurs.
C’est l’occasion de reprendre son parcours avec un peu de recul, de regarder ce que l’on a appris au fil des années, ce que l’on sait réellement faire (et que l’on a parfois tendance à complètement banaliser), mais aussi ce que l’on aime faire, ce que l’on ne veut plus faire, ce qui nous motive aujourd’hui et les conditions dans lesquelles on a envie de travailler demain.
Et petit à petit, le fameux « je ne sais absolument plus quoi faire de ma vie professionnelle » peut commencer à se transformer en quelque chose de beaucoup plus précis : « je ne sais peut-être pas encore exactement ce que je vais faire, mais je comprends beaucoup mieux ce dont j’ai besoin pour la suite ».
Et ça… c’est déjà énorme.
🔄 Parce que changer ne veut pas forcément dire repartir de zéro
C’est peut-être aussi ce qui fait peur lorsque l’idée d’une évolution professionnelle commence à apparaître : on imagine tout de suite la grande reconversion, la formation de deux ans, la démission, le nouveau métier et la vie entière à reconstruire.
Alors que parfois, le changement dont on a besoin est beaucoup moins spectaculaire.
Il peut s’agir de :
changer de poste sans changer de métier
rejoindre une autre entreprise
développer une nouvelle compétence
demander davantage d’autonomie
prendre de nouvelles responsabilités, ou au contraire en laisser certaines de côté
Certaines personnes vont retrouver de l’énergie en développant un projet personnel ou une activité complémentaire, quand d’autres vont simplement avoir besoin de revoir leur organisation et la place que leur travail occupe dans leur vie.
Et oui, parfois, la conclusion sera effectivement qu’il est temps de partir et de construire autre chose. Mais ce n’est pas parce qu’on ressent une envie de changement que l’on doit forcément tout casser pour repartir de zéro.
Le plus important est peut-être de comprendre ce que l’on cherche à quitter… mais aussi ce que l’on cherche à retrouver.
🌱 Et si on n’attendait pas d’être au bout du rouleau pour se poser ces questions ?
C’est probablement un point dont on parle encore trop peu lorsque l’on évoque l’évolution professionnelle : on n’est pas obligé d’attendre d’aller mal pour faire le point.
On peut aimer son travail et s’interroger sur la suite. On peut être plutôt bien dans son entreprise et sentir malgré tout qu’on commence à tourner en rond. On peut avoir envie d’explorer autre chose sans avoir besoin de détester ce que l’on fait aujourd’hui.
Parce que lorsque la réflexion commence uniquement au moment où l’on est complètement épuisé, où chaque journée devient difficile et où la seule envie est de partir le plus vite possible… forcément, les décisions ne se prennent plus tout à fait de la même manière.
Faire le point en amont, quand on a encore suffisamment d’énergie et de recul pour réfléchir, c’est aussi une forme de prévention.
Et finalement, une évolution professionnelle réussie ne commence peut-être pas par une nouvelle fiche de poste ou une recherche frénétique sur les métiers qui recrutent en 2026. Elle commence souvent beaucoup plus simplement par une meilleure compréhension de ce que l’on vit aujourd’hui, de ce que l’on ne veut plus… et de ce que l’on aimerait retrouver demain.
💛 À propos d’Aurélia Folliot
Aurélia Folliot accompagne les personnes qui ressentent justement le besoin de faire ce pas de côté : celles qui souhaitent faire le point sur leur parcours, retrouver du sens dans leur vie professionnelle, préparer une évolution ou commencer à réfléchir à une éventuelle reconversion… sans partir du principe qu’il faut nécessairement tout changer.
Avec Oui Smile Work, son approche associe la connaissance de soi, les neurosciences et la réflexion professionnelle, avec une dimension de prévention qui occupe une place importante dans ses accompagnements : l’idée étant aussi de pouvoir agir et se poser les bonnes questions avant que le mal-être ou l’épuisement ne prennent toute la place.
Elle propose notamment des bilans de compétences éligibles au CPF.
Aurélia Folliot – Oui Smile Work Prévention & santé mentale et globale Bilans de compétences • Neurosciences • Prévention en entreprise




