Il y a des épisodes où l’on sent très vite que l’échange va aller plus loin que “un parcours pro”.
Avec Kevin Pinel, coach et psy, on parle de ce qui ne se voit pas : l’intuition, les masques, les blessures, la manière dont on se conditionne… et comment on peut se reprogrammer.
Dès le début, une carte tirée au hasard donne le ton : l’intuition.
Et Kevin sourit : ce n’est pas un concept “tendance” pour lui, c’est un fil rouge. Il raconte qu’enfant, il ressentait les choses avant qu’elles arrivent : qui allait passer, quand un camarade n’allait pas bien… comme une antenne hyper sensible branchée en permanence.
L’enfant introverti… qui voulait tout contrôler
Kevin décrit un petit garçon très introverti, discret, presque invisible.
Pas par manque d’idées, au contraire : parce que tout devait être parfait.
Il explique ce mécanisme avec une lucidité désarmante : il avait compris très tôt que les gens jugent. Alors pour éviter le risque, il répétait ses phrases dans sa tête, encore et encore, avant d’oser parler. Contrôler pour ne pas être exposé.
Et comme beaucoup d’enfants qui grandissent trop vite, il apprend très tôt les “codes adultes”.
Ses parents, entrepreneurs, travaillent énormément. Il les voit peu. Alors il cherche des “failles” pour passer au magasin, observer… et déjà comprendre les dynamiques humaines.
Harcèlement, pokerface, et mondes parallèles
Au collège, le choc : harcèlement scolaire.
Et pendant trois ans, Kevin cache tout à ses parents. Il décrit un rituel : rentrer, aller dans sa chambre, se recomposer, redescendre comme si de rien n’était. Un “switch” permanent.
Sa soupape ? L’imaginaire.
Les Lego, puis la musique, puis les jeux vidéo — où il se recrée un personnage, un rôle, une place. Il raconte même qu’il s’imaginait coacher une équipe, être interviewé… comme si son futur essayait déjà de se frayer un chemin.
Puis arrive le lycée : il se fait une promesse. Ne plus revivre ça.
Il change de stratégie : l’autodérision. “Avant que tu me touches, je me touche.” Une armure sociale efficace… mais qui laisse une trace : le “vrai Kevin”, dit-il, n’a émergé que récemment.
De pompier à profiler… puis la psycho comme évidence
En grandissant, Kevin veut être pompier (“sauver les gens”), puis rêve de devenir profiler (inspiré par les enquêtes, l’analyse, la compréhension des comportements).
Et au moment de choisir ses études, il bascule vers la psychologie.
À Rennes, il découvre quelque chose d’assez fou : ce qu’on lui enseigne est “logique” pour lui. Il comprend les neurosciences, la mémoire, les schémas… et surtout il trouve sa manière d’apprendre : en racontant une histoire, en visualisant, en transmettant comme un prof.
Il commence déjà à faire ce qu’il fera plus tard : aider l’autre à voir ce qu’il ne voit pas.
L’EHPAD, les soins palliatifs, et la leçon brute : la vie peut basculer
Un passage est particulièrement marquant : ses expériences auprès des personnes âgées, puis comme brancardier en cancérologie et soins palliatifs.
Il parle de ce rôle “entre-deux” : celui qui accompagne, qui met du sourire, qui devient parfois un mini espace de thérapie au milieu du médical.
Et là, une prise de conscience : la mort peut arriver n’importe quand.
Et ce qu’il entend souvent chez les patients fait écho à l’histoire de ses parents : travailler comme des dingues, s’oublier, et voir la santé se dégrader.
C’est là qu’on sent naître chez lui quelque chose de très clair : l’urgence de vivre aligné.
Créer sa voie : liberté, créativité… et une bonne dose de “je vais te prouver”
À la sortie de ses études, Kevin commence salarié, mais très vite l’idée revient : monter son cabinet, créer sa façon de faire.
On lui dit qu’il est trop jeune, trop inexpérimenté, “inconscient”.
Lui entend : “vas-y”.
Il raconte aussi un déclic d’injustice dans une structure (argent, logique de chiffres, manque d’humain) : le point de bascule est net. Il part. Et choisit de se concentrer sur sa pratique.
Sa mission : enlever les masques et rallumer la lumière
Kevin pose des mots crus, mais justes.
Sa mission : mettre le doigt là où ça coince, là où la personne ne veut pas regarder. Pas pour humilier — pour libérer.
Il explique qu’il retrouve très souvent une même origine aux problématiques :
amour de soi, estime de soi, confiance en soi.
Et il pose 3 questions simples, presque brutales :
Est-ce que tu t’aimes ?
Est-ce que tu t’estimes ?
Est-ce que tu te fais confiance ?
Souvent, les gens répondent “oui” avec des “mais…”, et Kevin sait déjà que c’est là que tout commence.
Il parle aussi de quelque chose qu’on oublie trop : le corps.
Quand le mental contrôle, le corps finit par parler (eczéma, douleurs, fatigue…). Et apprendre à écouter le corps, c’est souvent le début de l’apaisement.
Une approche ultra personnalisée : le bon outil, au bon moment, pour la bonne personne
Ce qu’il critique dans une certaine psy “classique” : parler, payer, revenir… mais rester vide.
Lui veut que la personne reparte avec du concret, des déclics, des expériences.
Il utilise une “boîte à outils” large : neurosciences, hypnose, symbolique du corps, énergétique, son, vibration… mais surtout, il adapte.
Même outil, mais version personnalisée.
Et il ajoute un point essentiel : le timing.
Il explique qu’il pense souvent “à partir de la fin”, comme dans un jeu où l’on cherche le chemin vers l’objectif. Si un mur bloque, on prend une autre route.
Le mot qui reste : croire en ce qu’il y a à l’intérieur
À la fin, Kevin répond à une question magnifique : que dirait-il à son lui de 7 ans ?
De continuer à croire.
D’assumer d’être différent.
De ne pas écouter ceux qui “n’ont rien compris à la vie”.
De tomber s’il le faut, mais d’avancer.
Et pour ceux qui traversent une période difficile, son conseil est paradoxal mais puissant : lâcher prise.
Parce qu’à vouloir tout contrôler, on ne contrôle rien.
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