Article écrit en collaboration avec Aurélia Folliot
“Je ne suis pas à la hauteur.”
“J’ai eu de la chance.”
“Un jour, ils vont se rendre compte que je ne suis pas si compétent(e).”
Ces pensées ne sont pas rares. Elles touchent des profils brillants, expérimentés, performants. Le syndrome de l’imposteur n’est pas un manque de compétences. C’est un décalage entre les faits objectifs… et la perception que l’on a de soi.
À quoi ça ressemble concrètement ?
Voici des situations très courantes en entreprise.
La promotion qui déclenche l’angoisse
Vous obtenez enfin ce poste de manager que vous visiez. Félicitations de la direction, reconnaissance des équipes. Et pourtant, au lieu de la fierté, c’est l’inquiétude :
“Je ne suis pas prêt(e).”
“Ils ont dû se tromper.”
“Je vais décevoir.”
Résultat : vous surcompensez. Vous travaillez plus que nécessaire, vous n’osez pas déléguer, vous voulez prouver en permanence votre valeur.
Le risque ? L’épuisement.
Le projet réussi… attribué au hasard
Vous pilotez un projet stratégique. Objectifs atteints. Client satisfait. Résultats mesurables. Votre explication ?
“Le contexte était favorable.”
“J’ai eu une bonne équipe.”
“Ça aurait pu mal tourner.”
Vous minimisez votre rôle dans la réussite. Vous attribuez vos succès à l’extérieur… et vos erreurs à votre incompétence. C’est un schéma classique.
La comparaison permanente
Un collègue publie un post LinkedIn inspirant. Un autre intervient en conférence. Un troisième semble gérer 10 sujets sans jamais douter.
Vous pensez :
“Je suis en retard.”
“Je ne fais pas assez.”
“Je ne suis pas à leur niveau.”
On compare son quotidien imparfait aux vitrines parfaitement maîtrisées des autres. Or, personne ne publie ses moments de doute à 23h devant son ordinateur.
Pourquoi ce mécanisme s’installe ?
Plusieurs facteurs favorisent le syndrome de l’imposteur :
Une culture de la performance élevée
Un environnement très compétitif
Une tendance au perfectionnisme (ne sait pas comment lâcher-prise)
Un manque de feedback clair et régulier
Des transitions rapides (promotion, reconversion, nouveau secteur)
Il est fréquent chez :
Les profils à haut niveau d’exigence
Les personnes qui évoluent vite
Les leaders consciencieux
Les experts techniques qui passent au management
Autrement dit : souvent chez des personnes compétentes.
Les conséquences invisibles
Le syndrome de l’imposteur n’est pas juste une pensée passagère. Il peut entraîner :
Surinvestissement permanent
Difficulté à déléguer
Peur de prendre la parole
Réticence à saisir des opportunités
Stress chronique
Perte de confiance progressive
Paradoxalement, il freine les carrières de ceux qui ont le potentiel de les accélérer.
Comment le désamorcer concrètement ?
1. Objectiver les faits
Exercice simple : Listez vos 10 dernières réussites professionnelles.
Pas seulement les “grandes”. Les vraies.
Projet mené à terme
Conflit résolu
Client fidélisé
Process optimisé
Feedback positif reçu
Ce sont des faits. Pas des impressions.
Relisez cette liste quand le doute revient.
2. Demander un feedback structuré
Au lieu de rester seul avec vos suppositions, posez des questions précises :
“Quelles sont mes forces selon toi ?”
“Sur quoi puis-je progresser ?”
“Dans quelles situations suis-je le plus performant(e) ?”
Les retours extérieurs permettent d’ajuster la perception interne.
3. Remplacer le “je dois être parfait(e)” par “l’idée est de progresser”
La perfection est un standard impossible.
La progression est un processus réaliste.
Un manager n’a pas besoin d’avoir toutes les réponses. Il a besoin de savoir écouter, décider, ajuster.
Un expert n’a pas besoin de tout savoir. Il a besoin de savoir chercher.
4. Normaliser le doute
Le doute n’est pas un signe d’incompétence. C’est souvent un signe de responsabilité. Les personnes réellement dangereuses en entreprise ne sont pas celles qui doutent. Ce sont celles qui sont persuadées d’avoir toujours raison.
Un dernier point essentiel
Le syndrome de l’imposteur disparaît rarement totalement.
Mais on peut apprendre à le reconnaître, à l’anticiper et à ne plus le laisser piloter nos décisions.
La prochaine fois que la petite voix intérieure vous dira :
“Tu n’es pas légitime.”
Posez-vous cette question : Quelles preuves concrètes ai-je que c’est vrai ?
Et surtout : Quelles preuves ai-je que c’est faux ?
Souvent, la seconde liste est bien plus longue.
Et si le vrai sujet était la connaissance de soi ?
Le syndrome de l’imposteur n’est souvent qu’un symptôme. Derrière, on retrouve :
un manque de clarté sur ses forces
des objectifs flous
des standards irréalistes
une méconnaissance de ses besoins profonds
une difficulté à poser un cadre personnel
C’est exactement là que le coaching prend tout son sens.
Aurélia vous propose un accompagnement structuré sur 2 mois :
Mieux vous connaître (valeurs, forces, moteurs, freins)
Clarifier vos objectifs professionnels
Définir des objectifs SMART, concrets et atteignables
Construire des plans d’actions réalistes
Développer une posture alignée et confiante
Ce n’est pas du “motivationnel”.
C’est un travail de fond, pragmatique, progressif et orienté résultats.
L’objectif : Que vous ne subissiez plus votre carrière, mais que vous la pilotiez.






