On passe parfois des années à essayer de s'adapter à notre environnement professionnel, sans même se demander si, finalement, ce n'est pas lui qui devrait aussi un peu s'adapter à nous.
On change notre façon de travailler, on essaie d'être plus organisé, plus disponible, plus rapide, plus sociable… On apprend à composer avec les horaires, les collègues, le management, le bruit, les réunions, les habitudes de l'entreprise et toutes ces petites choses qui, prises séparément, paraissent assez anodines mais qui peuvent finir par peser lourd dans le quotidien.
Parce qu'on nous a beaucoup appris à nous adapter au monde du travail… mais assez peu à nous demander dans quelles conditions, nous, nous fonctionnons vraiment bien.
Et c'est peut être là que la connaissance de soi devient intéressante. Pas pour se mettre dans une case avec une jolie étiquette du genre « moi je suis comme ci » ou « moi je ne peux pas faire ça », mais plutôt pour comprendre ce qui nous donne de l'énergie, ce qui nous en prend, ce dont on a besoin pour avancer et, à l'inverse, ce qui nous demande un effort permanent.
🧩 Parce que non, nous ne fonctionnons pas tous de la même manière…
Il y a des personnes qui adorent avoir un cadre très précis, savoir ce qu'elles doivent faire, anticiper leur semaine et avancer avec des repères clairs. Et puis il y en a d'autres qui ont besoin de mouvement, de nouveauté, de changements de dernière minute, de plusieurs projets en même temps… parce que c'est justement là qu'elles se sentent vivantes et efficaces.
Certaines personnes ont besoin de calme pour réfléchir, quand d'autres trouvent leurs meilleures idées au milieu des échanges. Certaines adorent travailler seules pendant plusieurs heures, quand d'autres commencent à tourner en rond au bout de trente minutes sans personne avec qui discuter. Et puis il y a celles qui aiment préparer les choses très longtemps en amont… et celles qui, oui oui, sont capables d'être incroyablement efficaces quand il reste deux jours avant la deadline.
Tout cela ne dit pas que l'un travaille mieux que l'autre. Cela dit simplement que nous n'avons pas tous le même moteur.
Et le problème commence peut être quand, pendant des mois ou parfois des années, on demande à ce moteur de fonctionner avec le mauvais carburant.
😮💨 Et à force de s'adapter… on finit parfois par penser que le problème vient de nous
Évidemment qu'il faut savoir s'adapter dans le monde professionnel. Aucun poste, aucune entreprise et aucun manager ne pourra correspondre à 100 % à notre fonctionnement, et heureusement d'ailleurs… parce que se confronter à d'autres façons de faire nous permet aussi d'évoluer.
Mais il y a une différence entre faire un pas de côté de temps en temps et passer ses journées à lutter contre soi même.
Une personne très autonome qui évolue dans un environnement où absolument tout doit être contrôlé, vérifié et validé peut finir par ne plus avoir envie de proposer quoi que ce soit. Quelqu'un qui a besoin de calme peut rentrer complètement vidé après huit heures dans un open space très stimulant. Une personne qui adore la variété peut finir par s'ennuyer profondément dans un poste où les journées se ressemblent toutes… même si, sur le papier, elle exerce pourtant un métier qu'elle aime.
Et c'est là que ça devient intéressant, parce qu'on peut très vite traduire tout cela par : « je ne suis plus motivé », « je ne suis peut être plus fait pour ce métier », « je devrais changer de voie » ou encore « je ne comprends pas, avant j'aimais ce que je faisais ».
Alors que parfois… le métier n'est pas forcément le problème.
C'est peut être la façon dont on l'exerce, l'entreprise dans laquelle on l'exerce, les personnes avec lesquelles on travaille, le rythme que l'on nous impose ou tout simplement un environnement qui ne correspond plus à la personne que nous sommes aujourd'hui.
🔎 Avant de chercher un nouveau métier, ça vaut peut être le coup de chercher un peu du côté de soi
Quand on commence à s'interroger sur son avenir professionnel, on a assez naturellement tendance à regarder vers l'extérieur. On cherche des idées de métiers, on regarde les offres d'emploi, les formations, les reconversions possibles… avec cette grande question : « Bon… qu'est ce que je pourrais faire d'autre ? »
Mais avant de chercher une réponse sur Google ou dans une fiche métier, il y a peut être quelques questions à se poser à soi même.
À garder sous la main :
Qu'est ce qui me donne réellement de l'énergie dans une journée de travail ?
Qu'est ce qui m'en enlève beaucoup trop ?
Est ce que j'ai besoin d'autonomie ou, au contraire, d'un cadre assez présent ?
Est ce que j'ai besoin de variété ? De stabilité ? De temps pour réfléchir ? De décisions rapides ?
Est ce que j'ai besoin de sentir que ce que je fais a du sens ?
Dans quelles situations je me sens particulièrement à l'aise… et dans lesquelles j'ai l'impression de devoir jouer un rôle ?
Et puis il y a une autre question, moins confortable peut être, mais souvent très révélatrice : qu'est ce que je n'ai tout simplement plus envie d'accepter ?
Parce que nos besoins professionnels évoluent aussi avec nous. Ce qui nous convenait parfaitement à 25 ans peut ne plus du tout nous correspondre dix ou quinze ans plus tard. Ce n'est pas forcément que nous sommes devenus moins motivés ou moins capables… nous avons simplement changé, nos priorités aussi, et notre façon d'envisager la place du travail dans notre vie avec.
🧭 Se connaître ne veut pas dire se limiter… bien au contraire
C'est probablement l'une des idées qui me semble les plus importantes : mieux se connaître ne sert pas à dresser une liste de tout ce que l'on ne peut pas faire. Il ne s'agit pas de décider que « je suis comme ça, donc il me faut absolument tel métier, tels horaires et tel environnement »… la vie professionnelle serait quand même sacrément compliquée si tout devait parfaitement cocher nos petites cases.
L'idée est plutôt d'avoir une boussole.
Parce qu'à partir du moment où l'on comprend un peu mieux comment on fonctionne, on peut commencer à faire des choix plus conscients. Et parfois, ces choix seront beaucoup moins radicaux qu'on ne l'imaginait au départ.
On n'a pas forcément besoin de tout plaquer, de changer de métier ou de repartir de zéro. Parfois, le vrai changement peut être une nouvelle organisation, davantage d'autonomie, un autre poste dans la même entreprise, une discussion avec son manager, un rythme différent, du télétravail, une équipe plus petite, de nouvelles responsabilités… ou simplement la permission de travailler un peu plus à sa manière.
Et oui, parfois aussi, mieux se connaître permettra de comprendre qu'il est temps d'aller voir ailleurs. Mais cette décision ne partira plus seulement d'un « je n'en peux plus » ou d'un « il faut que je trouve autre chose ». Elle pourra s'appuyer sur quelque chose de beaucoup plus concret : je sais mieux aujourd'hui ce dont j'ai besoin pour me sentir bien dans mon travail.
Finalement, lorsqu'on réfléchit à son avenir professionnel, la question n'est peut être pas uniquement de savoir « quel métier est fait pour moi ? ».
Elle pourrait être un peu plus large que ça…
Dans quel environnement ai je envie de travailler, avec quel rythme, quelles personnes, quelles valeurs… et surtout, quelle place ai je envie de donner au travail dans ma vie ?
Et ça, mine de rien, ça change pas mal la façon de chercher la suite.
💛 À propos d'Aurélia Folliot
Aurélia Folliot accompagne les personnes et les entreprises dans une démarche de prévention, de connaissance de soi et d'évolution professionnelle, notamment à travers une approche inspirée des neurosciences.
Son objectif : permettre à chacun de mieux comprendre son fonctionnement pour faire des choix professionnels plus cohérents et préserver son équilibre.
Ses accompagnements sont essentiellement orientés vers la prévention et ses bilans de compétences sont éligibles au CPF.
Aurélia Folliot – Oui Smile Work Prévention & santé mentale et globale Bilans de compétences • Neurosciences • Prévention en entreprise




